La faune selon Axelle

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jeudi, 29 juin 2017 11:14

Le Blaireau

Fiche d’identité

- classification : mammifère

- famille : mustélidés

- comportement : nocturne

- alimentation : omnivore

- habitat : forêt

- habitation : terrier

- reproduction : janvier à mars

- poids : 12 à 15 kg (avant l’hiver il peut atteindre 20 à 22 kg)

- longueur : 0,70 à 1 m.

- longévité : 15 ans

- portée : 2 à 7 petits

Comment le reconnaître

Son pelage a des teintes grises, blanches et noires. Sa tête fine porte un petit masque noir et blanc bien typique. Des pattes, courtes et puissantes pourvues de grandes griffes (surtout celle de devant, avec lesquelles il creuse la terre, et la déblaie à reculons), portent un corps allongé qui se termine par une petite queue blanche, courte et touffue qui possède à sa base des glandes odorantes.

Les glandes odorantes permettent au blaireau de marquer leur territoire, mais c’est aussi un signe de reconnaissance entre membres d’un même clan. Pour s’imprégner mutuellement de leur odeur les blaireaux font des séances fesses à fesses.

Sa nourriture

Le blaireau, en voie de disparition dans certaines régions, a un gros défaut, selon les chasseurs et agriculteurs qui le traquent à coup de gaz empoisonné, pièges, fusils… il faut qu’il mange.

Omnivore, le blaireau mange aussi bien des lombrics (jusqu’à 100 kg par an pour un seul animal), des taupes, petits rongeurs, insectes, champignons, plantes herbacées, oeufs d’oiseaux qui nichent à terre, fruits, graines, nids de guêpes (leur piqûre est inoffensive sur son épais pelage). Un chercheur a trouvé 160 guêpes dans une crotte de blaireau.

Concernant les agriculteurs, il n’est pas très délicat quand il mange du raisin dans les vignes et il adore aussi les épis de maïs pas à maturité, encore tendre.

Côté chasseurs, il ne dédaigne pas manger des lapereaux (garennes ou lièvres, nuisible dans certaines régions) futures victimes des chasseurs.

Chasseurs et agriculteurs s’unissent donc souvent pour lui mener la vie « dure », en oubliant qu’il est très utile dans la nature … Et oui, comme beaucoup de petits mustélidés (qui consomment des centaines de souris dites « nuisibles », des vers blancs « nuisibles » eux aussi), en France le blaireau est chassé et piégé.

Son terrier

Le terrier des blaireaux se trouve souvent au pied d’une butte, d’une falaise, ou d’un talus. Il n’est pas rare de trouver près de leur habitation des mares ou des ruisseaux, mais aussi des arbres abattus, source de jeux et réserve de nourriture.

Ils apprécient aussi la proximité des arbres et buissons à baies, tels que le sureau dont ils se régalent l’époque venue (la prolifération de ces arbres doit beaucoup aux animaux, ils en rejettent les graines dans leurs crottes (ce qui n’empêche pas la germination, bien au contraire).

Le blaireau est un grand terrassier, pour creuser les galeries de son terrier il peut remuer jusqu’à 40 tonnes de terre.

Des arbres griffés jusqu'à une hauteur de 1 m 40 peuvent aussi témoigner de sa présence.

C’est un petit chemin de terre creusé par ses successifs aller et retour qui mène à l’entée principale de son terrier.

Cette entrée est facilement repérable grâce au monticule de terre qui se trouve près du trou, d’autres ouvertures se trouvent non loin. Parfois certains terriers sont tellement importants qu’il y a 30 à 40 entrées, dans ce cas la surface occupée par le terrier peut atteindre 2000 m2. En moyenne la taille de son territoire couvre 40 à 50 hectares.

Comment l’observer

Une fois que le terrier est repéré, il faut vérifier discrètement s’il est toujours habité par un clan familial.

Dans un premier temps, répandre un peu de farine sur la voie d’accès. Le lendemain, si des traces sont relevées, revenir avant la tombée de la nuit. S’installer à quelques mètres de l’ouverture du terrier en faisant attention au sens du vent qui pourrait le prévenir de votre intrusion, attendre silencieusement sans bouger.

Le blaireau est très méfiant, il pointe son nez avant de sortir de son terrier pour vérifier les alentours et s’assurer de sa sécurité et de celle du clan. Le moindre « battement de paupière » peut le faire se retrancher dans son terrier, et là …. c’est dix fois plus de patience qu’il vous faudra avant de le revoir à nouveau.

Bien que le blaireau n’ait pas vraiment une vue très perçante, il connaît très bien la morphologie de son territoire, essayez donc de vous mouvoir dans le décor ! Il a aussi un très bon odorat, laissez le parfum ou le déodorant à la maison.

Visite de son terrier

S’il était possible de se faufiler dans le terrier d’un clan familial de blaireau (un clan est formé d’un groupe de 5 à 12 blaireaux qui occupent le terrier principal), on pourrait observer un labyrinthe sous la terre, parfois sur plusieurs étages. Les plus gros terriers sont l’aboutissement du travail de plusieurs générations, leur date de création peut remonter à plusieurs siécles.

Ce terrier est composé de plusieurs galeries qui peuvent descendre jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur, elles mènent à des « chambres » où mâles, femelles et jeunes passent la journée tranquillement à dormir ou à se reposer sur des litières constituées de feuilles, de mousse et d’herbes séchées qui sont changées fréquemment (c’est le terrier principal).

D’autres galeries servent de sortie de secours, d’aérations ou de chambres utilisées de façon plus irrégulière. …. La famille Petit blaireau va naître avec ses frères et soeurs, en général vers les mois de février – mars (néanmoins il n’est pas exceptionnel d’observer des naissances à d’autres périodes de l’année).

La portée de 2 à 7 petits blaireautins, comme beaucoup de petits de mammifères à leur naissance, n’est pas en mesure de se déplacer et n’a pas suffisamment de pelage pour se protéger du froid.

Au cours des premiers jours de leur existence, ils ont les yeux fermés. Ils commencent à sortir du terrier familial vers l’âge de un mois et demi, et sont allaités pendant 3 mois.

Les blaireaux ont des mœurs nocturnes. Ils ne sortent que le soir venu pour aller à la chasse et faire leurs besoins. Le blaireau est très propre et ne fait jamais ses besoins dans le terrier, mais à l’extérieur dans des petits trous en forme d’entonnoir creusés à cet effet.

Après s’être soulagés et avant d’aller à la chasse, une autre chasse est pratiquée, celle réservée aux poux et puces. Une séance d’épouillage, consiste à se mettre sur le dos et à se gratter ventre et flancs avec les dents et les griffes.

Les petits ne partent pas à la chasse ils restent bien « sagement » devant le terrier à jouer en attendant le repas. Leurs jeux sont une imitation de la vie des grands, fausse bagarre, creuser, trouver la litière propre et la coincer sous le menton et la poitrine pour la rentrer à reculons. En octobre les petits auront bien grandi et atteindront presque la taille des parents.

Pendant la période hivernale nos petits et le clan, vont connaître une période de repos (pas d’hibernation !) ils réduisent très forts leur activité et vivent sur les réserves de graisse fabriquée pendant l’automne (durant cette période un blaireau peut augmenter son poids de 60%).

Le printemps suivant certains jeunes quitteront le terrier familial pour vivre leur vie, d’autres resteront dans le clan.

La reproduction

A l’âge de 2 ans ils sont en âge de se reproduire. L’époque de la reproduction chez les blaireaux se déroule du mois de janvier, au mois de mars.

Une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles d’un même clan et peut quelquefois être réceptive à d’autres périodes de l’année (ce qui explique certaines naissances « hors période »).

L’ovule fécondé reste en attente pendant 10 mois avant de se fixer dans l’utérus. La période de gestation à proprement parler ne dure que deux mois environ. Les petits naîtront l’année suivante en février – mars.

Ce type de reproduction s’appelle l’ovo-implantation différée.

Sa qualité principale

Son hospitalité est connue de toute la forêt, et il n’est pas rare de le voir partager son terrier avec un renard, un chat sauvage, un putois… Il aime la vie de famille et les terriers sont souvent habités par plusieurs groupes familiaux ou clans.

 


Publié dans Mustélidés

Un projet d’arrêté annoncé dans l’Oise fait bondir les associations de protections des animaux et de la nature.

En effet, la préfecture du département français souhaite durcir la régulation des blaireaux européens en autorisant les tirs de nuit et le piégeage. Une autorisation qui diminuerait la population de blaireaux dans la région.

UN ARRÊTÉ POUR CHASSER LE BLAIREAU

Il ne fait plus bon de vivre dans l’Oise pour les blaireaux européens (Meles Meles). En effet, depuis le 13 mai, un projet d’arrêté préfectoral vise à durcir la régulation de ces animaux dans la région. Il est ouvert à la consultation publique jusqu’au 3 juin 2017. Que se passerait t-il pour le blaireaux si la mesure était approuvée ? Il serait désormais possible aux lieutenants de louveterie et à toute personne possédant un agrément préfectoral adéquat d’organiser des battus la nuit avec des armes à feu équipées de silencieux et munis de lampes, jusqu’au 31 décembre 2017.

Le piégeage sera également autorisé. Cette technique de chasse consiste à utiliser divers dispositifs, comme les cages trappes, les collets à arrêtoir et les pièges à lacets. Ces pièges sont principalement destinés à tuer les animaux. Ils pourraient aussi viser d’autres animaux présents sur le territoire. Ils seraient utilisés en complément du déterrage, une méthode de chasse qui pousse les animaux hors de leurs terriers à l’aide de chiens de chasse.

UNE CHASSE PEU JUSTIFIÉE

Pour beaucoup d’associations de protection des animaux, cet arrêté est injustifié. Selon la préfecture, le blaireau causerait de « lourds dégâts agricoles » et un « préjudice économique aux agriculteurs ». Désormais, à partir de 76 euros de dégâts minimum causés sur tout une commune, la chasse aux blaireaux serait autorisée. Cependant, comme l’affirme la Société Française pour l’étude et la protection des mammifères (SFEPM)n « aucun élément présenté ne permet de confirmer la réalité de ces dégâts ». D’autant plus que, dans l’alimentation du mustélidé, la consommation de cultures agricoles reste marginale.

La préfecture indique dans son projet d’arrêté l’observation d’une importante présence de ces animaux sur le territoire. Encore une fois, la SFEPM souligne la nature infondée de cet argument qui ne découle d’aucune étude valable qui justifierait cette présence dite importante du blaireaux. Le département de l’Oise affirme également que le blaireau serait un animal porteur de la tuberculose bovine, et que cet arrêté aiderait à diminuer les risques. Ici encore, un argument qui pose problème. En effet, l’Oise est classée au niveau 1 de la surveillance de la tuberculose bovine selon le bilan du dispositif Sylvatub (paru en 2016), soit le niveau de risque le plus faible.

Le mustélidé a disparu d’une partie de son aire de répartition naturelle du fait de la chasse et du piégeage

LE BLAIREAU, UN RÉEL PROBLÈME DANS L’OISE ?

La SFEPM souligne que ce projet d’arrêté « contrevient à la Convention de Berne qui interdit l’usage du collet et des tirs de nuit avec sources lumineuses ». Dans des cas exceptionnels, des dérogations peuvent être délivrées. Cependant, au vue des diverses observations des associations de protection de la nature et des animaux et des arguments discutables émis par la préfecture, la situation dans l’Oise concernant le blaireau européen ne serait pas exceptionnelle. Cet acharnement contre le mustélidé de la part du département reste alors incompris.

 


 

Source : dailygeekshow

 


 

Publié dans Mustélidés

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